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3e Séminaire des dirigeants communautaires à Coudray

Le séminaire des dirigeants communautaires de France est devenu un événement majeur de l’agenda consistorial. Plus de cent quarante participants, responsables communautaires ont été conviés par le Président du Consistoire, Joël Mergui, à ce troisième week-end de formation axé sur les priorités de notre gouvernance, à l’occasion de la publication des résultats de l’enquête sur les communautés juives de France réalisée par le Consistoire et ses partenaires institutionnels (FSJU, FMS, JOINT, CCJ).


Avant que ne soient rendus publics ces résultats très attendus, le débat sur les « priorités » s’est focalisé de façon récurrente sur le mal-être des Juifs de France et ses corolaires immédiats : l’antisémitisme, l'alyah et le phénomène de dépopulation qui touche plusieurs communautés, en particulier en province, d’où le choix de l’une des tables rondes du séminaire : « Que répondre aux fidèles de nos communautés qui nous demandent si on doit faire nos valises ? ».


Si le devoir d’une grande institution est de savoir poser les questions avec courage et lucidité, il est aussi et surtout fondamental d’y apporter des réponses mesurées et responsables. Ainsi l’ensemble des dirigeants communautaires présents, dont le Président du Consistoire, Joël Mergui, ont estimé que, sauf accident de l’histoire, la majorité des membres de notre communauté serait encore présente en France dans les dix ou vingt ans à venir. Ainsi, le devoir d’une institution centrale, en écartant tout esprit de panique, est de rassurer les esprits et d’anticiper les besoins de la communauté juive française afin d’y apporter les meilleures réponses possibles. L’alyah, même si elle peut être accompagnée et encouragée par les institutions centrales, doit être une alya choisie et positive et ne pas répondre à un phénomène de peur.


Parmi de nombreux conférenciers, Shlomo Malka et Jean-Yves Camus, ont débattu sur le thème : « Affaires Dieudonné, Soral, montée du Front National et de l’islamisme radical : regards de journalistes », dressant un tableau pertinent, subtil, mais sans complaisance.


Shlomo Malka et Jean-Yves Camus
Shlomo Malka et Jean-Yves Camus


Leur conclusion, au diapason de celle des participants, fut la suivante : si l’on doit intégrer dans nos prospectives qu’un tiers des Juifs quitterait la France, qu’un tiers devrait s’assimilerait lentement et qu’un autre continuerait de concilier harmonieusement identité juive et citoyenneté, les dirigeants communautaires devront continuer de se préoccuper des nombreux besoins de cette importante « judaïcité résiduelle ».


Le Grand Rabbin de Paris, chargé de l’interim du Grand Rabbinat de France, Michel Gugenheim, s’est prêté à un exercice homilétique de haut-vol sur les priorités de la bonne gouvernance rabbinique en s’appuyant sur les trois injonctions sous forme de « vé-ata / et toi » que D-ieu adresse à Moïse au début de la sidra « Tétsavé ».


Venu spécialement de Jérusalem pour ce séminaire, le Pr Erik Cohen, enseignant à Bar-Ilan et directeur scientifique de l’étude sur « les structures ouvertes et la gouvernance associative du judaïsme français », ainsi que le Pr Shmuel Trigano, sociologue et écrivain, ont conclu le séminaire par la présentation des résultats de cette enquête lors d’une séance plénière qui constituait le point d’orgue de cette rencontre.


Erik Cohen et Shmuel Trigano
Erik Cohen et Shmuel Trigano


Avec un taux de réponse exceptionnel (40% des responsables associatifs locaux ayant répondu et 55% des lieux communautaires étant représentés dans le panel des répondants), l’étude permet notamment d’établir :


-        Que la majorité des responsables communautaires entretient de bonnes et régulières relations avec les pouvoirs publics ;

-        Qu’une proportion non-négligeable des dirigeants affichent un certain pessimisme quant à la progression de l’antisémitisme ;

-        Que les jeunes sont trop peu présents dans les sphères communautaires


Au terme de leur exposé, Erik Cohen et Shmuel Trigano ont mis l’accent sur le rôle majeur des institutions centrales pour affronter les mutations qui s’annoncent et souligner la nécessité d’affirmer et de promouvoir les valeurs du judaïsme consistorial, dont le caractère fédérateur depuis deux siècles est le plus à même de garantir l’unité et la cohésion de la communauté juive dans un contexte aussi difficile.



Trois objectifs programmatiques ont été particulièrement mis en relief pendant ce séminaire:


1/ l’ « Accueil », l’accueil fraternel et chaleureux de tous les Juifs au sein de la maison commune consistoriale, dont le Président Joël Mergui, a constitué un « credo » et un leitmotiv de sa politique institutionnelle, est le mot d’ordre donné à tous les acteurs du judaïsme organisé ;


2/ l’ « Objectif Israël » qui, en raison de l’accentuation exponentielle du mouvement d’alyah de ces dernières décennies et des liens familiaux très forts qui unissent les Juifs de France et d’Israël, peut et doit déboucher sur une institutionnalisation de la présence consistoriale en Israël ;


3/ le Regroupement des ressources et la mise en valeur des synergies à travers le projet emblématique de rapprochement entre les Consistoires de France et de Paris, à la fois catalyseur et pierre angulaire d’une refondation institutionnelle, pour nous permettre de faire face aux mutations historiques auxquelles sera bientôt confrontée notre communauté.