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Toulouse : l’oubli est la pire des souffrances, par Joël Mergui



L’oubli est la pire des souffrances pour une famille endeuillée.


Il y a bientôt 4 ans, Arié, Gabriel et Jonathan Sandler ainsi que Myriam Monsonégo étaient froidement exécutés dans la cour de l’école Ozar Hatorah à Toulouse par un djihadiste plein de haine des Juifs et de la France.


Depuis cette tragédie du 19 mars 2012, notre pays et notre communauté ont été frappés par de terribles attentats. Leur seul point commun est d’avoir été prémédités et perpétrés par des Français pétris d’idéologie antisémite et antidémocratique barbare et meurtrière au profit d’une mafia du crime djiahdiste organisée.


Ce qui s’est passé à Toulouse a marqué les esprits et stupéfait les consciences.


Acte de terreur annonciateur du pire, il donnait à voir toute l’horreur de l’islamisme radical dans sa démesure meurtrière et sa logique de destruction.


Abattre sauvagement l’enfance sans l’ombre d’un doute ni d’un regret, a fait resurgir de la mémoire des parents et de nos mémoires d’autres scènes de violence où, par le passé, la vie d’enfants juifs pourchassés, massacrés et celle de millions d’innocents martyrisés n’ont pas compté pour que le monde se mobilise pour les sauver.


Un jeune rabbin et trois petits enfants juifs sont morts à Toulouse qui ne demandaient qu’à vivre et à faire vivre la Torah.


Aujourd’hui le monde libre a identifié ses ennemis et pris conscience de l’extrême dangerosité de la menace antisémite pour la survie des sociétés démocratiques. L’innocence et la grâce de l’enfance ont payé le prix fort de cette prise de conscience à retardement.


Nous ressentons tous spontanément que Toulouse possède un statut à part parmi tous les actes de terreurs islamistes perpétrés jusqu’ici. Moins parce qu’il inaugure une série d’attentats que nous espérons la plus courte possible, que parce qu’il nous glace par sa sauvagerie gratuite, par le déni total de ce qui constitue pour nous des évidences : la valeur de la vie, la préservation de l’enfance, l’innocence et la grâce de bambins dans la cour d’une école et l’amour d’un père.


« Inhumain » est le mot qui vient à l’esprit quand les valeurs suprêmes ne constituent plus un sanctuaire ni un rempart. La cruauté, la haine et le mal nous apparaissent alors avec effroi comme insondables, sans limite, absolu.


Il n’en est rien pourtant, si nous le voulons.


Arié, Gabriel, Jonathan Sandler et Myriam Monsonégo continuent et doivent continuer de vivre dans nos cœurs et nos mémoires avec toute la grâce qui fut la leur, fauchée en pleine vie. Leur souvenir est notre réponse au néant, notre refus d’un absolu du mal sans espoir.


La mémoire est notre rempart et la limite que nous opposons à la haine et à la mort.


Nous sommes avec vous, familles endeuillées.