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Au nom des victimes du djihadisme, par Joël Mergui


Rédigé au lendemain de l'attentat du 14 Juillet pour le journal Information Juive de Juillet/Août, cet éditorial du Président, n'a pu prendre en compte la cruelle exécution du prêtre Jacques Hamel par des barbares agissant au nom de la même idéologie mortifère islamiste qui venait de tuer 84 personnes à Nice.



84 vies volées, des dizaines de blessés marqués dans leur chair, des familles hantées à tout jamais : tel est le terrible bilan humain de l’attentat islamiste perpétré à Nice, le 14 juillet, qui ne doit hélas rien au hasard ni à la folie d’un homme seul. Personne n’ignore plus désormais que c’est tout autant notre mode de vie que nos valeurs républicaines que les nouveaux barbares s’acharnent à vouloir détruire.


En semant la mort sur la Côte d’Azur, symbole de la douceur de vivre à la française, le jour même de la Fête nationale, les promoteurs de haine visaient l’esprit et la réalité de la nation des Droits de l’Homme avec, en ligne de mire, toutes les démocraties. Celles-ci du reste ne s’y trompent plus et, d’attentat en attentat, ont enfin pris la mesure du risque mondial de l’islamisme qui, - par la terreur, le fanatisme et le refus de l’éducation, asservit des populations entières en prenant D.ieu en otage, autant que pour prétexte.


Nos populations sont-elles assez conscientes du risque majeur qu’elles courent ? Sont-elles assez armées politiquement et intellectuellement pour lutter contre la perversité des discours et des méthodes d’ennemis qui combattent sur plusieurs fronts, avec des stratégies et des moyens adaptés ? Après des siècles de guerres et d’horreurs, nous avons appris la Paix et courageusement fait le difficile pari de la démocratie. Éduqués dans ses vertus et bénéficiant de tous ses bienfaits, nous répugnons désormais à la violence, au désordre et au chaos. Généreusement universalistes, nous n’hésitons pas à accorder, parfois angéliquement, les mêmes droits, la fraternité, l’égalité et la liberté à nos pires ennemis qui en refusent - par définition -, tous les devoirs.


Notre haut degré de conscience morale, l’universalité de notre modèle sociétal nous honorent, tout en faisant de nous des cibles d’autant plus privilégiées que nos sociétés ont longtemps refusé de voir la réalité du mal en face. La peur de l’amalgame, la mauvaise conscience du démocrate au passé colonial nous ont paralysé et fait perdre 10 ans de lutte contre le terrorisme islamiste. Or, il est fondamental de montrer aux terroristes, comme au reste du monde, que le choix de la démocratie n’est pas un aveu de faiblesse mais au contraire une force, à la condition bien sûr d’être unis et soudés pour la défense de nos valeurs.


Les morts et les blessés de Nice, de Paris, de Bruxelles, de Copenhague, des États-Unis ou d’Israël nous exhortent à nous mobiliser dans l’urgence et l’impérieuse nécessité d’une tolérance zéro contre tout ce qui porte atteinte à notre mode de vie libre et paisible découlant des principes démocratiques qui unissent et structurent le monde libre.


Comme les États-Unis ou Israël, dont la population est aussi touchée par ce nouveau type de guerre non conventionnelle à l’échelle mondiale, notre pays est entré en résistance contre l’islamisme, ce nouveau fléau négateur des Droits de l’Homme comme l’était hier le nazisme. Tout nous indique, à moins d’être dangereusement aveugle, que si personne ne s’oppose à eux, les islamistes entreprendront non seulement d’anéantir tous les Juifs et l’État juif, parce qu’ils sont antisémites, mais aussi toutes nos sociétés démocratiques parce qu’ils sont djihadistes et redoutablement impérialistes.


Signe des temps, c’est désormais vers Israël - régulièrement délégitimé par les antisionistes donneurs de leçons - que se tournent désormais tous les regards en quête d’expertise en matière de sécurité. Une sécurité dont l’exigence, jusqu’à peu, condamnait sans examen Israël et les israéliens pour leur intransigeance jugée à tort outrancière et antidémocratique. Or, à la différence de nos grandes et vieilles nations, ce jeune et petit pays démocratique est menacé depuis sa création par son voisinage hostile. D’Israël, seule démocratie du Moyen- Orient, il faut pourtant tirer un enseignement bien plus capital et essentiel que sa seule capacité à se défendre et à empêcher ses ennemis de le détruire et de commettre sur son sol des actes terroristes de grande ampleur.


Pragmatique, victime d’innombrables massacres des innocents tout au long de son histoire millénaire, le peuple d’Israël ne peut se permettre de s’apitoyer sur les supposés « malheurs » des bourreaux. Ce petit pays - sûr de lui et jamais dominateur, qui va jusqu’à inclure dans son parlement des députés qui jurent publiquement sa perte, est indiscutablement une vraie démocratie. Plus que la sécurité, Israël incarne l’exemple d’une démocratie sans faiblesse, celle d’un État de droit fort, sûr de sa légitimité et capable de protéger sa population autant que défendre ses valeurs comme toute vraie société démocratique.


Notre conception démocratique de l’Homme et de sa vie en société dépend de notre détermination à mettre en pratique nos idéaux et à préférer les actes aux belles paroles. Pour éviter que Nice ne devienne qu’un nom perdu dans une longue litanie de villes martyres, nous devons prendre toute la mesure des enjeux auxquels la haine djihadiste nous expose et adapter en conséquence nos comportements individuels, nos choix collectifs et nos alliances internationales pour mieux combattre l’islamisme et défendre nos vies, nos sociétés et nos valeurs démocratiques.


(Extrait d'Information Juive n°362)