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Un Grand Rabbin dans la Grande Guerre. Abraham Bloch, mort pour la France, symbole de l’Union sacrée par Paul Netter

Lundi 25 novembre 2013


Les publications sur le Consistoire central et plus particulièrement sur le rabbinat français sont rares. Peu d’historiens s’y sont intéressés, hormis l’équipe de la revue Archives Juives avec le premier tome du Dictionnaire biographique des rabbins et Valérie Assan pour les Juifs d’Algérie.


Aujourd’hui, une nouvelle étude paraît sur un sujet à la fois méconnu et pourtant si symbolique. Il s’agit d’une biographie originale sur le grand rabbin d’Alger puis de Lyon Abraham Bloch. Ce personnage a sans doute disparu de la mémoire israélite. Pourtant, il fut un modèle pour plusieurs générations dans l’entre-deux-guerres et même après. C’est que son histoire est unique dans l’histoire du judaïsme.


Issu d’une famille alsacienne, il effectue ses études au Séminaire israélite de Paris puis devient rabbin d’abord dans les Vosges puis à Alger où il assiste au déferlement antisémite pendant l’affaire Dreyfus. Par la suite, il est envoyé au grand rabbinat de Lyon. Lorsque la Grande Guerre éclate, malgré ses 53 ans, Abraham Bloch se porte volontaire comme aumônier israélite aux Armées. Patriote et républicain, comme tant de ses coreligionnaires, il entend faire son devoir et rendre hommage à la France qui avait émancipé les Juifs en 1791.

C’est alors que le 29 août 1914, près de Taintrux dans les Vosges,  il est tué par un éclat d’obus. La mort est omniprésente sur les champs de bataille. Plus de 1 300 000 Français ont été tués à l’ennemi ou sont morts des suites de leurs blessures en l’espace de quatre ans ! Aussi, a priori, sa disparition pourrait être « classique ». Mais il n’en est rien car, selon des témoignages, il aurait été tué en apportant un crucifix à un soldat agonisant !


C’est donc un destin particulier qu’évoque Paul Netter, l’arrière-petit-fils du grand rabbin. A l’aide d’archives familiales et d’une iconographie fournie, il retrace l’histoire d’une vie qui s’achève à la fois tragiquement et glorieusement.


La lecture de cet ouvrage est donc utile et salutaire en cette période où la communauté nationale s’apprête à célébrer le centenaire de la Grande Guerre. Souhaitons qu’elle ouvre la voie à d’autres études. D’ailleurs, le Consistoire central prévoit de lui rendre hommage ainsi qu’aux deux autres rabbins morts durant cette période. Un colloque sur le sujet est déjà prévu. Mais il ne fait pas de doute que l’exemple du grand rabbin Abraham Bloch honore à la fois la France républicaine et le judaïsme. Nous pouvons être fiers de ces hommes qui ont œuvré pour le consistoire et pour la nation.




Livre de Paul Netter


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