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Metz : franc succès pour deux artistes plongés dans l’univers juif

Lundi 01 octobre 2018

DIX JOURS DU CONSISTOIRE 2018


Metz : franc succès pour deux artistes plongés dans l’univers juif


Les expositions consacrées à Yoël Benharrouche et Isaac Celnikier (zal), dans la cité lorraine, s’inscrivent dans le cadre des Journées européennes de la culture juive, avec des milliers de visiteurs visiblement enthousiastes.


La Messine Désirée Mayer préside les Journées européennes de la culture et du patrimoine juifs pour la Lorraine - et à l’échelle nationale pour encore quelques semaines. Cette professeure agrégée de français et d’hébreu est fière de la réussite exponentielle de ces « Journées », sur lesquels les responsables des Dix Jours du Consistoire ont souhaité donner un coup de projecteur bien mérité pour essayer d’en élargir l’audience.


« Nous réussissons surtout là où les municipalités nous encouragent et nous épaulent en mettant tel ou tel espace ou salle de spectacles à notre disposition, explique-t-elle. Le processus fonctionne à plein régime dans l’Est de la France, à Strasbourg et Metz en particulier, moins bien dans les régions méridionales. Il semble que certains maires redoutent les réactions du public d’origine maghrébine. C’est une erreur et même un contresens : ici en Alsace-Moselle, les Musulmans soutiennent au contraire nos initiatives et participent à nos activités. C’est pourquoi nous devons redoubler d’efforts pour convaincre les édiles concernés, sans craindre de nous lancer dans une forme de porte-à-porte. Je pense notamment à Marseille et à la Provence… Chacun doit savoir que les « Journées » permettent d’aborder les questions identitaires de façon généreuse et ouverte, par le prisme de la culture. Nous n’opposons pas les communautés les unes aux autres : nous les rapprochons ! »


A Metz, deux expositions organisées sous l’égide de Désirée Mayer remportent déjà un franc succès. Les visiteurs semblent particulièrement enthousiastes.


La première se tient aux Archives municipales jusqu’au 18 octobre. Largement annoncée dans la presse locale, elle a démarré fin août et devrait attirer au total quelque trois mille curieux. A l’honneur : Yoël Benharrouche.


Ce sexagénaire natif d’Israël a vécu une quinzaine d’années dans l’Hexagone - il a notamment enseigné à la prestigieuse Ecole des Beaux-Arts de Paris - avant d’installer son atelier entre Jérusalem et la mer Morte. Cet artiste est aussi un talmid hakham (sage et érudit en Thora) qui donne des conférences axées sur la spiritualité dans l’Etat juif. Ses laques sur cuivre présentées aux Archives ont la Torah pour inspiration avec des intitulés tels qu’« Une histoire qui résiste au temps », « Un ange venu du ciel » ou encore « La Jérusalem d’en haut ». Sans oublier plusieurs paysages censés incarner le gan Eden. Les formes cubiques, qui rappellent les œuvres de Braque ou Picasso, sont beaucoup plus modernes. « Un mariage prodigieux, selon Désirée Mayer, entre l’univers biblique et le monde d’aujourd’hui. Certains visages élaborés par la main de Yoël Benharrouche, dit-elle, me font penser à Esther ou Batsheva, sans que je puisse expliquer cette sensation… » L’exposition se déplacera à la galerie Raugraff de Nancy à partir du 18 novembre. Avis aux amateurs !

La seconde exposition se tient dans les salles de la Porte des Allemands (construite sous les fameux Chevaliers teutoniques de la fin du Moyen-Age), avec des peintures et gravures d’Isaac Celnikier. Cet ancien déporté de France né à Varsovie en 1923 est décédé en 2011. Il a tracé longuement, avec ses pinceaux, les scènes qui l’ont détruit pendant la Shoah, mais aussi celles qui ont contribué à sa reconstruction après la Libération. Ce sont elles que l’équipe des Journées européennes a choisies : des paysages idylliques qui lui ont redonné goût à la vie, Israéliens ou… Périgourdins ; des portraits de femmes, de son épouse en particulier : Anne Szulmajster, une universitaire qui travaille toujours au Collège de France aux côtés du « prince des linguistes » Claude Hagège. Mille cinq cents personnes devraient admirer, jusqu’au 28 octobre, ces œuvres de facture plutôt expressionniste.



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